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Brad, L’ourson (Sébastien Versluys)

J’ai vu Sébastien qui m’a fait penser à un ourson.

L’ourson m’a fait penser à un personnage ; Brad.

Brad est un ourson Marollien.

lien vers l’album de la cession photo

https://www.flickr.com/photos/martinedoyen/sets/72157644415257320/

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© Martine Doyen

 

BRAD PETIT ( SEBASTIEN VERSLUYS)

( premier jet papier du personnage )

BRAD PETIT est le grand frère de KEVIN PETIT et le petit frère de Patricia PETIT qui l’a élévé dès l’âge de 14 ans. Le père a disparu dans la nature après la mort de la mère. Il habite avec eux dans un appartement de la tour du foyer Bruxellois, derrière la place du jeu de balles.

Il n’a pas été souvent à l’école et il a beaucoup de mal à s’exprimer normalement. Il ronchonne sans arrêts ou plutôt il aboie, un peu comme son fère et sa sœur. On comprend à peine ce qu’il dit, d’autant plus qu’il a toujours un truc en bouche…Une boule, un chewing gum, un cure dent. Il a un autre tic, une manie, il a toujours besoin de se gratter le dos contre les chambranles, les arbres, les meubles…Ce ne sont pas les puces, car il est obsédé par les puces…La saleté, la poussière, il n’aime pas ça. Il est maniaque, il a peur d’attraper des maladies, il va tout le temps se laver à la piscine publique après avoir bossé et plutôt deux fois qu’une depuis que Jenny lui a tapé dans l’œil. Tel un ourson, il est balourd tout en étant vif. Il est aussi assez maladroit, un peu moins que son petit frère qui est plus grand que lui et qui lui colle souvent aux basques comme un petit chien mal lavé auquel il faut toujours faire attention… Brad est soupe au lait, il ronchonne et se plaint sans arrêt de son frère, de sa mère, des touristes du quartier qui se la pètent… D ‘une mauvaise foi imparable, il se bat volontiers avec son frère. Il faut parfois les séparer. Vu de l’extérieur, en famille, ils forment un trio à la fois burlesque et inquiétant. Ils peuvent faire peur quand ils veulent et il ne faut pas leur adresser la parole, ni les regarder ouvertement…On les voit arpenter les rues avec les brols qu’ils ramassent un peu partout pour aller les revendre aux marchands ( feraille, vidanges, livres). Sans le savoir ni le vouloir, ils recyclent et ont leur utilité. Ultra timide avec les femmes, Brad ne peut que rouler des mécaniques en passant devant elles sans même les regarder .  Mais là, cette caissière à la piscine, elle lui fait de l’effet…Brad lui fait des petits cadeaux mais elle ne sait pas que c’est de lui. Elle ne s’en doute même pas…

Le petit frère

Le frère et la soeur

Décors liés au personnage

https://www.flickr.com/photos/martinedoyen/sets/72157641084306573/

https://www.flickr.com/photos/martinedoyen/sets/72157643665311313/

©Martine Doyen

I've got the power

Fight the power!

Avant d’improviser en groupe autour de la figure du banc de poissons et/ou la nuée d’étourneaux, un petit échauffement s’impose. Surtout que c’est la première fois que l’on fait ça. Un peu de musique faciliterait peut-être la chose…Oui, mais laquelle?

L’ouverture du film de Spike Lee, « Do the right thing » m’a laissé un souvenir impérissable.  Une énergie dingue ressort de cette  danseuse. Essayons!

 

 

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Leçon de Cinéma – Werner Herzog

Voici un lien vers un article super intéressant sur la démarche de Werner Herzog, comment il écrit ses films ( en 5 jours) et envisage le métier.  Nous nous rejoignons sur bien des aspects ; autonomie, scénario, notion de fiction/réalité…

«  »When I write, I sit in front of the computer and pound the keys. I start at the beginning and write fast, leaving out anything that isn’t necessary, aiming at all times for the hard core of the narrative. I can’t write without that urgency. Something is wrong if it takes more than five days to finish a screenplay. A story created this way will always be full of life. »

http://www.brainpickings.org/index.php/2014/08/18/werner-herzog-guide-for-the-perplexed-cronin/

 

 

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Rôles Vrais- Fyl Sangdor.

En repérage dans les Marolles et curieuse de voir Fyl Sangdor en action, une des personnalités incontournables du quartier -que je veux absolument inclure dans le film d’une manière ou d’une autre-. Je passe la soirée dans une des boutiques de Recyclart qu’il squatte pour l’occasion et dans laquelle il organise divers événements.
Ce soir, avant la performance d’un fakir, celle de Fyl et Anne-Laure… Première approche filmée avant d’imaginer une ou plusieurs scènes avec lui.

Erual Enna & Fyl Sangdor de m.m.m & Cie
« The Kiss ».

inspirée de la peinture Goran Gjorovic « The Kiss ». Curieux sur
les états d’être du romantique, ils s’interrogent sur les attributs du
postromantique en mettant en scène des performances in situ ou extra
situ, où ils adoptent assidûment le même moteur de conception : Le
minimal monomaniaque mouvement.
Durant cette installation les performeurs, identiquement vêtus et
maquillés, investissent les thèmes de l’attraction, la répulsion, la
culpabilité, l’auto-flagellation et la flagellation érotique Cette pièce
intimiste est un opéra visuel.

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Lorsqu’en 1518, les Strasbourgeois se mirent à danser jour et nuit

Etranges épidémies (1/6). Strasbourg, été 1518. Dans les rues étroites de la ville et sur les places, des dizaines de personnes dansent frénétiquement au rythme de tambourins, violes et cornemuses. Mais l’atmosphère n’a rien de festif. Les scènes sont même « terrifiantes », écrit l’historien de la médecineJohn Waller dans The Dancing Plague (éditions Sourcebooks), un ouvrage de référence sur le sujet, paru en 2009.

Les femmes, hommes et enfants atteints de cette étrange « manie dansante »crient, implorent de l’aide, mais ne peuvent s’arrêter. Ils sont en transe. Ils ont « le regard vague ; le visage tourné vers le ciel ; leurs bras et jambes animés de mouvements spasmodiques et fatigués ; leurs chemises, jupes et bas, trempés de sueur, collés à leurs corps émaciés », décrit John Waller. En quelques jours, les cas se multiplient comme se répand un virus, semant la peur et la mort dans la cité alsacienne. Jusqu’à quinze danseurs succomberont chaque jour, selon un témoin de l’époque, victimes de déshydratation ou d’accidents cardio-vasculaires.

C’est une femme, Frau Toffea, qui a ouvert le bal de cette mort dansante, le 14 juillet. Les épidémiologistes d’aujourd’hui la nommeraient « patient zéro », soit le premier individu infecté lors d’une épidémie. Le destin de cette femme a été retracé par Paracelse (1493-1541), médecin et alchimiste suisse, connu comme l’un des fondateurs de la toxicologie. Fasciné par cet épisode collectif, il est venu sur les lieux, en 1526, pour enquêter.

JUSQU’À 400 DANSEURS

Ce 14 juillet 1518 donc, Frau Toffea commence à se trémousser, seule, dans les rues. Malgré les supplications de son mari, la fatigue et les pieds en sang, elle continue pendant six jours et nuits, juste entrecoupés de quelques siestes. Entre-temps, d’autres personnes sont entrées dans la danse. Au 25 juillet, 50 individus sont contaminés, ils seront au total plus de 400. Le verdict des médecins est dans la droite ligne des théories humorales de l’époque : la maladie est due à un « sang trop chaud ». Le conseil de la ville décide alors desoigner le mal par le mal. De l’espace est laissé aux danseurs et des douzaines de musiciens professionnels sont engagés pour les accompagner, nuit et jour.

Grave erreur de santé publique ! En exhibant ainsi les danseurs, les autorités ne font que favoriser la contagion. Face à l’échec, le conseil fait volte-face fin juillet : les estrades sont démontées, les orchestres interdits. Mais le phénomène ne prendra fin que quelques semaines plus tard, quand les danseurs seront convoyés à Saverne, à une journée de Strasbourg, pour y assister à une cérémonie en l’honneur de saint Guy, protecteur des malades de chorée (mouvements anormaux).

ERGOTISME OU HYSTÉRIE COLLECTIVE ?

Après presque cinq cents ans, cet épisode continue d’intriguer les spécialistes. Car il ne s’agit pas d’une légende. La manie dansante de Strasbourg, qui n’est ni la première ni la dernière épidémie de danse, est l’une des mieux documentées. C’est même la seule à avoir pu être reconstituée aussi précisément, souligne John Waller, probablement parce qu’elle est arrivée après l’invention de l’imprimerie, dans une cité ayant formalisé une bureaucratie.

Au total, une vingtaine d’épisodes comparables ont été rapportés entre 1200 et 1600. Le dernier serait survenu à Madagascar, en 1863. Une variante, le tarentisme, a aussi été décrite en Italie : la maladie survenait après une hypothétique morsure de l’araignée Lycosa tarentula, et la danse (tarentelle) faisait partie intégrante du traitement.

Au fil des siècles, plusieurs scénarios ont été avancés pour expliquer l’épidémie de Strasbourg : ergotisme (empoisonnement par du seigle contaminé par une mycotoxine), culte hérétique, possession démoniaque, ou encore hystérie collective. Pour John Waller, le contexte a joué un rôle majeur. Les phénomènes de transe, écrit-il, sont plus susceptibles de survenir chez des individus vulnérables sur le plan psychologique, et qui croient aux châtiments divins. Or, ces deux conditions étaient réunies à Strasbourg. La ville avait été frappée par une succession inhabituelle d’épidémies et de famines ; et ses habitants croyaient à saint Guy, capable autant d’infliger que de guérir des maladies, par la danse notamment.

« La description clinique évoque une hystérie, au sens psychiatrique du terme, avec des symptômes de conversion, estime le pédopsychiatre et chercheur Bruno Falissard (Inserm, Maison de Solenn). Il est bien connu que ces comportements peuvent être contagieux. Charcot l’avait d’ailleurs décrit chez ses patientes. » « La psychiatrie a une vision biologique ou psychanalytique des troubles mentaux, mais elle oublie le rôle très important du groupe dans la structuration de l’individu, poursuit-il. Or, le groupe peut devenir une entité à part entière, avec une synchronisation des comportements. »

 

L’ANCÊTRE DES RAVE-PARTIES ?

Une épidémie de danse pourrait-elle se déclarer au XXIe siècle ? Peu probable, selon Bruno Falissard. « D’une époque à l’autre, les symptômes changent car on ne peut avoir que les conversions que la société nous autorise ! Les conversions d’aujourd’hui sont plutôt des manifestations gastro-entérologiques ou rhumatologiques, “raisonnablement” compatibles avec les données de la science. Cela n’empêche pas l’émergence de formes collectives. Par exemple, on peut se demander si l’épidémie de formes mineures d’intolérance au gluten observée dans de nombreux pays n’est pas en réalité une manifestation conversive collective. »

Certains osent un parallèle entre ces manies dansantes et les rave parties monstres d’aujourd’hui au cours desquelles les danseurs peuvent se déhancherdans un état second, au risque de tomber d’épuisement. Mais il existe des différences fondamentales : l’usage de drogues récréatives est pour beaucoup dans la transe des clubbers. Et ces derniers sont probablement plus euphoriques que les choréomaniaques terrifiés du Moyen Age.

Prochain article :

L’île micronésienne où les habitants ne voient qu’en noir et blanc.

 
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Etude de personnage#1 – Ulysse ( Giuseppe Porcaro)

Ulysse ( Giuseppe Porcaro)

Son look est sobre dans l’ensemble mais comporte quelques excentricités,  comme des gants en plastique, une écharpe,  un bonnet trouvé dans la rue.  Il porte en permanence un casque audio noir sur les oreilles, mais dont la fiche pendouille dans le vide le long de sa jambe. Toujours un gros sac sur l’épaule. A le voir de loin, rien d’anormal, mais quand on le voit de près, on voit la crasse sur ses vêtements, sous les ongles. Il a l’air bien éduqué, il est jeune et plutôt bel homme. A première vue on dirait un jeune homme de bonne famille mais à y regarder de plus près, quelque chose cloche. Il erre dans le quartier depuis un mois ou deux, il parle avec un fort accent italien, souvent pour raconter des trucs difficiles à croire. Un côté mythomane assumé, il raconte par exemple que son père s’appelle Homère et qu’il s’appelle Ulysse et qu’il se fixera le jour ou il aura retrouvé sa femme, Pénélope…A moins que cela soit sa mère ?! ( Ça ça le fait hurler de rire ). Il en est persuadé, elle est là quelque part dans les Marolles, elle l’attend. Elle ne sait pas qu’elle l’attend mais elle l’attend. Il faut juste trouver le chemin qui le mènera à elle. Elle est là et pas ailleurs, il le sait, il le sent. Il y a trop de coincidences… Il croit au hasard, il est supersticieux. Alors, il quadrille toutes les rues, suit les femmes dans la rue, rentre dans les magasins, parle avec tout le monde, se fait offrir à manger, du café, des bières…Mais il n’aime pas trop l’alcool. Il préfère éviter. Il n’a pas besoin d’alcool pour être explosé.

Parfois, il aborde les bourgeoises pour leur demander de l’argent, il n’a vraiment aucun complexe, aucune honte à taxer les gens, il le revendique même ! On devine qu’il y a eu un gros problème de ce côté là dans sa famille. Un côté prince déchu et/ou déshérité…C’est un séducteur et il a de l’humour, de l’autodérision, mais il est vraiment bizarre par moment. Un serpent, impossible de lui faire confiance. Il est parfois inquiétant. Ça pourrait tout aussi bien être un psychopathe  qui tue les femmes dans les vestibules d’immeuble la nuit. Un côté Anthony Perkins dans « Psycho ». Il a des tics bizarres qui le prennent parfois, c’est saisissant. Il n’a peur de rien et à un côté suicidaire quand il est en crise. C’est à ce moment là qu’il est le plus comique d’ailleurs. Il rentre partout sans payer, il est fort pour ça…Brigittines, Recyclart , Théâtre des tanneurs. Quand il peut, il dort dans le grenier des Brigittines, là où il y a le système d’air conditionné…

Ses rencontres de hasard ( souvent au marché bio ou va picorer avec discrétion) l’amène parfois à se laver dans une salle de bain très chic du sablon qu’une belle dame a mise à sa disposition. Ce qui ne l’empêchera pas de lui vider son frigo des mets les plus fins, de lui piquer un chapeau ou un livre… et il a bon goût. Il est cultivé. Livres qu’il abandonne aussitôt lu sur les bancs. Le plus étonnant c’est de le voir faire toutes les poubelles sur les boulevards. Sans gêne aucune, il plonge sa main et en ressort des bouteilles de soda à moitié vide qu’il boit sans hésiter. Il mange des restes de sandwich abandonnés, parfois c’est vraiment ignoble ce qu’il est capable de bouffer, mais il en fait un festin. Il s’installe pour pique-niquer sur la pelouse du parc d’Egmond, il a de bonnes manières quand il mange, même et surtout quand c’est infâme… Il erre souvent au sablon d’ailleurs, va écouter les messes, le dimanche…

Bruxelles fin mai 2014. Une épidémie dansante s'est déclenchée dans les Marolles, juste après un acte terroriste … Un groupe d'une quinzaine de contaminés s'évade de la quarantaine organisée par les autorités et se réfugie dans les combles des archives de Bruxelles.

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